Dans de nombreuses situations, les réactions chimiques ne vont pas uniquement dans un seul sens : les produits formés peuvent parfois réagir à leur tour pour redonner les réactifs. On parle alors de réactions réversibles.
Un exemple concret de réaction réversible concerne le dioxyde de carbone (CO2). Dans l’atmosphère, il se dissout dans l'eau de pluie notamment. Cette eau s'infiltre dans le sol à travers des roches calcaires (CaCO3), dissolvant le carbonate de calcium. Dans la grotte, l'eau chargée en ions provenant du calcaire libère le CO2 et reforme le carbonate de calcium : les stalactites et stalagmites se forment ainsi progressivement.

On le retrouve aussi dans les boissons gazeuses, sous forme de bulles. Comment fait-on pour rendre une boisson gazeuse ? Pourquoi devient-elle de moins en moins pétillante après ouverture ? Et pourquoi la conserver au réfrigérateur permet-elle de mieux garder le gaz dissous ?

Autant de questions auxquelles nous pourrons répondre en explorant la notion d’équilibre chimique.
Quelles sont alors les grandeurs permettant de définir de manière pertinente le système chimique étudié ?
Comment savoir dans quel sens se déroule une transformation chimique ?
Peut-on savoir a priori quand le système cessera d’évoluer ?
Comment évolue un système à l’équilibre si on le perturbe ?
Une variable extensive est proportionnelle à la quantité de matière. Elle est définie pour l'ensemble du système.
Une variable intensive est indépendante de quantité de matière. Elle est définie en chaque point du système.
Comment savoir si une grandeur est intensive ou extensive ?
On considère un système homogène S décrit par une variable X.
Isolons une partie S’ du système S et regardons comment varie X entre S et S’.

Parmi les variables suivantes, lesquelles sont intensives et lesquelles sont extensives ?
Pression, volume, masse, température, concentration, quantité de matière.
Solution
Le rapport de deux grandeurs extensives est une grandeur intensive. Par exemple, la concentration est intensive et est le rapport de deux grandeurs extensives, la quantité de matière (ou la masse) et le volume : C= nV
Ne pas confondre intensivité avec uniformité. Par exemple, la pression est bien intensive mais elle n'est pas forcément uniforme. Si j'étudie la pression en un point précis d'un système et qu'ensuite je m'intéresse à la pression en ce même point après avoir isolé virtuellement une partie du système, la pression est la même.
Selon la situation étudiée, utiliser un type ou l'autre de variable peut mener à des raisonnements erronés. Cela s'illustre particulièrement lors de l'étude de système hétérogène, ce qui sera étudié dans le TP T1.
On étudie un système créé à partir d'une mole de soluté dissout dans un litre d'eau. On ajoute au système 100 mL d'un solvant non miscible à l'eau. Après agitation, la concentration en soluté dans l'eau est déterminée à l'aide d'un titrage :[soluté]eau après agitation=0,8 mol.L−1(se lit "concentration en soluté dans l'eau après agitation").
Solution
Pour faire des bilans, il faut utiliser des grandeurs extensives.
Considérons un mélange constitué de N espèces chimiques.
La fraction molaire d'une espèce représente sa proportion en quantité de matière dans le mélange :
xi=nintot=niN∑j=1nj
Par définition, on a toujours (aux arrondis près) :
N∑i=1xi=1
De manière similaire, on peut définir la fraction massique qui représente la proportion en masse d'une espèce :
wi=mimtot=miN∑j=1mj
On a ici aussi :
N∑i=1wi=1
Attention, a priori ces deux grandeurs ne sont pas équivalentes mais il est toutefois de les relier mathématiquement.
La première question est classique et à maitriser, les deux autres beaucoup moins.
On considère un mélange de deux constituants A et B de fractions massiques wA et wB et de masses molaires MA et MB.
La question suivante est très difficile, à ne tenter que si vous êtes à l’aise avec les opérateurs sommes et produits en maths et si vous vous ennuyez un peu…
xi=wi×N∏j=1, j≠iMjN∑j=1(wjN∏k=1, k≠jMk)
Il est absolument inutile de retenir ce résultat.
Solution
On mesure la pureté de l'or grâce au nombre de carat, directement relié à la fraction massique. Par définition, l'or pur est à 24 carats.
En bijouterie, on parle souvent "d'or rose" ou encore "d'or blanc", cette dénomination désigne en réalité des alliages (des mélanges de métaux). Pour l'or rose, il s'agit d'un alliage constitué principalement d'or et de cuivre. L'or blanc désigne un alliage constitué principalement d'or et de palladium.
Données : M(Au) = 197 g/mol ; M(Cu) = 63,5 g/mol ; M(Pd) = 106,4 g/mol
Solution
Usuellement, on indique les quantités de solide (et parfois de liquide) par leur masse. C'est le cas dans les protocoles expérimentaux, que ce soit pour les travaux pratiques mais aussi dans les publications scientifiques, les procédés industriels...
Dans le cas d'une espèce pure, on peut relier masse et quantité de matière selon :
n=mM
Expression dans laquelle n est la quantité de matière (usuellement en mol), m est la masse (usuellement en g) et M est la masse molaire (usuellement en g.mol-1)
Dans le cas des liquides (et plus rarement des solides), on peut indiquer la quantité utilisée en volume. On peut là encore relier le volume à la quantité de matière, l'idée est d'utiliser la formule précédente et donc traduire en masse le volume utilisé.
Dans le cas d'une espèce pure, on peut relier volume et quantité de matière selon :
n=ρVM=dρeauVM
Expression dans laquelle ρ est la masse volumique de l'espèce (beaucoup d'unités possibles, il faut que ce soit homogène et donc ici en g.mL-1), V est le volume utilisé (si la masse volumique est en g.mL-1 alors le volume est en mL), M est la masse molaire (usuellement en g.mol-1). On a parfois à disposition la densité (sans unité) plutôt que la masse volumique, on utilise alors la masse volumique de l'eau (attention à l'unité) pour faire le lien.
Toutes ces expressions sont équivalentes et se retrouvent facilement si on connait bien les expressions de bases comme celle de la masse volumique ρ=méchantillonVéchantillon ou de la densité d=ρespèceρeau.
Analyse d'un protocole expérimental
En fin d'année, nous ferons une estérification pour illustrer la notion de déplacement d'équilibre, que nous détaillerons aussi dans ce chapitre. Le protocole est le suivant :
Dans un ballon bicol de 250 mL, introduire 10,9 mL d’alcool isoamylique, 11,4 mL d’acide acétique, 10 mL de cyclohexane (solvant), 1,5 g d’APTS et quelques grains de pierre ponce.
Toutes les espèces sont solubles dans le cyclohexane.
Déterminer les quantités de matière de chaque espèce utilisée dans ce protocole expérimental
Données :
Solution
Il est très important de savoir faire ces petits calculs rapidement et sans hésitation, la difficulté des exercices et des situations étudiés ne se trouvera pas dans le calcul de quantité de matière.
Une solution est un mélange d'un soluté (ou plusieurs) et d'un solvant (ou plusieurs). Le solvant est ultra-majoritaire par rapport au soluté.
Il est nécessaire d'avoir deux informations pour déterminer la composition de la solution : la concentration et le volume.
Selon les situations, on peut parler de concentration en masse ou de concentration en quantité de matière.
La concentration en masse indique la masse de soluté par volume de solution :
Cm=msolutéVsolution
Expression dans laquelle Cm est la concentration en masse (généralement en g.L-1), msoluté est la masse de soluté (généralement en g) et Vsolution est le volume total de la solution (généralement en L).
De façon équivalente, la concentration en quantité de matière s'exprime selon :
C=[soluté]=nsolutéVsolution
Expression dans laquelle C est la concentration en quantité de matière (généralement en mol.L-1), nsoluté est la quantité de matière de soluté (généralement en mol) et Vsolution est le volume total de la solution (généralement en L).
Il s'agit bien du volume de solution et non du volume de solvant. Ces deux grandeurs (volume de solvant et volume de solution) peuvent être très proches mais pas nécessairement identiques. Si on mélange beaucoup de soluté, le volume pris par le soluté, même dissout, n'est pas nécessairement négligeable. Ainsi, 10 g de soluté et 100 mL de solvant ne font pas exactement 100 mL de solution.
En pratique, on s'affranchit de ses considérations en utilisant des
fioles jaugées : on ne sait pas exactement combien on met de solvant
mais on connait précisément le volume final de solution. Dans les
exercices, si rien n'est précisé, on ne se préoccupera pas de ce genre
de considération.
Lors du premier TP de l'année, nous étudierons l'équilibre de partage de l'acide benzoïque entre l'eau et le diéthyléther. Pour ce faire, vous aurez à disposition une solution aqueuse d'acide benzoïque à une concentration C0 = 2,44.10-2 mol.L-1.
Pour qu'il y ait suffisamment de solution pour toute la classe, il faut prévoir au minimum 2,5 L de solution.
Données : M(acide benzoïque) = 122,1 g.mol-1
Solution
On peut décrire un gaz à partir de son volume.
On peut relier quantité de matière de gaz et volume par le biais du volume molaire :
ngaz=VgazVm
Expression dans laquelle ngaz est la quantité de matière de gaz (généralement en mol), Vgaz est le volume de gaz (généralement en L) et Vm est le volume molaire du gaz (en L.mol-1)
Le volume molaire est indépendant de la nature du gaz. Il dépend de la pression et de la température.
Plus couramment, on décrit un gaz par le biais de la pression. La loi des gaz parfaits permet de relier la pression à la quantité de matière.
Loi des gaz parfaits :
PV=nRT
Expression dans laquelle il est courant de faire des erreurs au niveau des unités. Tout se joue au niveau de la valeur de R, la constante des gaz parfaits qui est généralement donnée dans les unités SI (système internationale). Dans ce cas, toutes les autres grandeurs doivent aussi être exprimées dans ces unités, la pression en Pa, le volume en m3, la quantité de matière en mol et la température en K.
La loi des gaz parfaits est un modèle permettant de décrire le comportement des gaz à de faible pression. Dans les situations rencontrées en chimie, ce modèle est toujours applicable sauf mention explicite du contraire.
Dans le cas de mélange de gaz, la loi des gaz parfaits s'applique individuellement à chacun des gaz du mélange. La pression partielle d'un gaz dans un mélange est alors définie comme la pression de ce gaz s'il occupait seul le volume à disposition :
Pi=niRTV
Expression dans laquelle Pi désigne la pression partielle du gaz i et ni est la quantité de matière du gaz i. Tout ce qui a été dit sur la loi des gaz parfaits s'applique ici aussi.
Comme ni apparait dans l'expression de la pression partielle, on peut chercher à relier la pression partielle à la fraction molaire : Pintot=niRTntotV=xiRTV
Expression qu'on peut réécrire selon : Pi=xi×ntotRTV=xiPtot
La loi de Dalton relie pression partielle et pression totale :
Pi=xiPtot
Expression dans laquelle Pi est la pression partielle du gaz i, xi est la fraction molaire du gaz i et Ptot est la pression totale du système.
Par construction, pour un mélange de N gaz, on a nécessairement :
N∑i=1Pi=Ptot
Comment calculer une pression partielle ?
Méthode 1 : Utiliser la loi des gaz parfaits
Pi=niRTV
Applicable si on connait notamment le volume dans lequel se trouve le gaz (et bien sûr la température et la quantité de matière de gaz)
Méthode 2 : Utiliser la loi de Dalton
Pi=xiPtot
Plus courant car on connait souvent la pression totale de travail et la fraction molaire peut généralement se déterminer à l'aide d'un tableau d'avancement.
La célèbre bière irlandaise Guinness se distingue des autres bières par son effet cascade lorsqu'elle est servie correctement.

Cela est dû à un processus de fabrication : le gaz utilisé pour sa conservation n'est pas uniquement du CO2 (comme pour les autres bières) mais un mélange de CO2 et de N2.
Prenons une canette classique. Avant de la sceller, 3,9.10-3 mol de diazote sont introduits à l'intérieur. L'espace au dessus du liquide, avant que la canette ne soit ouverte, fait environ 0,04 L et est sous une pression de 3 bar lorsque la bière est conservée au frais, à 4 °C et prête à être consommée. Le dioxyde de carbone se forme naturellement par fermentation.
Données : R = 8,314 Pa.m3.mol-1.K-1 ; 1 bar = 105 Pa
Solution
Au cours d'une transformation, le système évolue d'un état initial à un état final. Lors de l'évolution du système, les quantités de matière varient. D'autres paramètres peuvent varier comme la température ou le pression. L'état final correspond à l'état dans lequel aucune grandeur ne varie.
On mesure l'état d'avancement d'une réaction à l'aide d'une grandeur appelée avancement et noté ξ (se prononce "xi"). L'avancement se mesure en mole.
L'avancement est une grandeur algébrique, cela signifie que l'avancement peut aussi bien être négatif que positif.
Dans le cas où l'avancement est positif, la réaction évolue dans le sens direct (de la gauche vers la droite).
Dans le cas où l'avancement est négatif, la réaction évolue dans le sens indirect (de la droite vers la gauche)
L'avancement maximal, noté ξmax, est la valeur maximale que peut prendre l'avancement. Il correspond à la consommation totale du réactif limitant.
L'avancement final, noté ξf, est la valeur de l'avancement à l'état final, c'est à dire lorsqu'il n'y a plus aucune évolution macroscopique. |ξf| ne peut pas être supérieur à |ξmax|.
L'avancement permet de calculer l'état du système, il nous renseigne sur son évolution depuis l'état initial.
Nous verrons un peu après comment savoir si un système évolue dans le sens direct ou indirect.
En reprenant l'exemple en introduction de la formation des stalactites et stalagmites indiquer dans quel sens se déroule la réaction suivante qu'on soit en surface à l'air libre ou à l'intérieur d'une grotte.
Ca2+(aq) + 2 HCO3-(aq) = CaCO3(s) + CO2(g) + H2O(l)
Solution
Le réactif limitant est celui qui a été proportionnellement introduit en plus petite quantité. Attention, il ne s'agit pas toujours de celui qui a été introduit en plus petite quantité, la notion de proportionnalité a une très grande importance !
Comment déterminer le réactif limitant et l'avancement maximal ?
Le phosphate de plomb est un solide très peu soluble en milieu aqueux. On peut l'obtenir en faisant réagir des ions phosphates PO43- en présence d'ions plomb (II) Pb2+ selon la réaction chimique d'équation :
3 Pb2+(aq) + 2 PO43-(aq) = Pb3(PO4)2(s)
On mélange V1 = 50 mL d'une solution contenant des ions Pb2+(aq) à une concentration C1 = 3,0.10-2 mol.L-1 avec V2 = 100 mL d'une solution contenant des ions phosphates PO43-(aq) à une concentration C2 = 2,0.10-2 mol.L-1 .
Solution
Les systèmes chimiques étudiés sont souvent des solutions ne contenant qu'une seule phase. Dans ce cas, il est souvent plus aisé d'étudier l'évolution du système à l'aide de l'avancement volumique. L'avancement volumique est noté x, se mesure en mol.L-1 et correspond à :
x=ξVsolution
L'avancement volumique n'est à utiliser qu'en présence d'un système chimique homogène à volume constant.
Comme pour l'avancement, on peut définir l'avancement volumique maximal xmax et l'avancement volumique final xf.
Souvent, pour parler de l'avancement volumique on dit simplement avancement mais c'est un abus de langage. Selon le contexte, il faudra bien comprendre de quel type d'avancement on parle.
Le taux d'avancement d'une réaction est défini par :
τ=ξξmax=xxmax
Le taux d'avancement est nécessairement compris entre 0 et 1, que la réaction évolue dans le sens direct ou non. Par construction, c'est une grandeur sans unité, nous renseignant sur le degré d'avancement de la réaction par rapport à l'avancement maximal.
Une réaction est dite totale si le taux d'avancement final vaut 1.
Une réaction est quantitative si le taux d'avancement final tend vers 1.
Une réaction est nulle si le taux d'avancement final tend vers 0.
Dans tous les autres cas, on dit que la réaction est équilibrée.
Un tableau d'avancement permet de déterminer l'état d'un système chimique à n'importe quel avancement. Il indique l'évolution des quantités de matière ou des concentrations en fonction de l'avancement ou l'avancement volumique.
Dans le cas d'étude de système hétérogène, le tableau d'avancement doit nécessairement être rempli en mol. Pour les systèmes homogènes à volume constant, l'unité de prédilection est plutôt mol.L-1 et donc l'avancement volumique est généralement à privilégier.
Comment remplir un tableau d'avancement ?
Le phosphate de plomb est un solide très peu soluble en milieu aqueux. On peut l'obtenir en faisant réagir des ions phosphates PO43- en présence d'ions plomb (II) Pb2+ selon la réaction chimique d'équation :
3 Pb2+(aq) + 2 PO43-(aq) = Pb3(PO4)2(s)
On mélange V1 = 50 mL d'une solution contenant des ions Pb2+(aq) à une concentration C1 = 3,0.10-2 mol.L-1 avec V2 = 100 mL d'une solution contenant des ions phosphates PO43-(aq) à une concentration C2 = 2,0.10-2 mol.L-1 .
Solution
La situation précédente montre comment traiter le cas d'un système hétérogène. Un système homogène se traite de façon équivalente mais avec la concentration en grandeur manipulée à la place de la quantité de matière.
Prenons un exemple simple avant de généraliser. Dans les situations précédents, on a étudié la réaction chimique ayant pour équation :
3 Pb2+(aq) + 2 PO43-(aq) = Pb3(PO4)2(s)
En s'inspirant de ce qui est fait en maths, on peut réécrire cette même réaction en "faisant passer" les produits à gauche :
0 = - 3 Pb2+(aq) - 2 PO43-(aq) + Pb3(PO4)2(s)
En faisant cela, les coefficients stœchiométriques des réactifs n'ont pas changé en valeur absolue mais sont devenus négatifs.
On peut généraliser ce comportement à n'importe quelle transformation chimique.
Toute transformation chimique impliquant N espèces peut s'écrire de manière algébrique sous la forme :
N∑i=1νiAi=0
Expression dans laquelle Ai correspond aux différentes espèces impliquées dans la réaction, ν est la lettre grec "nu", νi correspond au coefficient stœchiométrique algébrique.
Par convention, ν < 0 pour les réactifs et ν > 0 pour les produits.
En reprenant la réaction présentée en introduction, donner le coefficient stœchiométrique algébriques associé à chaque espèce :
Ca2+(aq) + 2 HCO3-(aq) = CaCO3(s) + CO2(g) + H2O(l)
Solution
Les coefficients stœchiométriques algébriques dépendent du sens d'écriture de la réaction. Par convention, les réactifs sont à gauche et ont un coefficient stœchiométrique algébrique négatif. Rien n'empêche d'inverser complètement le sens d'écriture de la réaction et dans ce cas d'inverser tous les signes des coefficients stœchiométriques algébriques. Il suffit de faire un choix et de s'y tenir.
L'activité d'un constituant physico-chimique est une grandeur sans dimension dont l'expression dépend de l'état physique de l'espèce considérée.
L'activité est une grandeur complexe qu'on simplifie grandement ici. On peut en donner une interprétation (simpliste) en disant que l'activité mesure en quelque sorte la force qu'applique l'espèce sur le système chimique relative à une référence (qui dépend de l'état physique).
L'expression de l'activité d'un constituant physico-chimique dépend de l'état physique selon les expressions suivantes :
Ces expressions sont des approximations. Elles fonctionnent très bien pour des solutions diluées de concentrations C < 1 mol.L-1 et pour des pressions faibles (où le modèle des gaz parfaits est applicable). En pratique, à moins d'une mention explicite du contraire, vous pourrez toujours utiliser ces expressions.
Le quotient réactionnel est une grandeur sans dimension qui caractérise un système en transformation chimique dans un état donné. Sa valeur évolue au cours de la transformation.
Pour une réaction chimique impliquant N constituants et ayant une équation chimique algébrisée de la forme N∑i=1νiAi, le quotient réactionnel s'exprime selon :
Qr=N∏i=1aνii
Expression dans laquelle ai est l'activité du constituant i et νi est son coefficient stœchiométrique algébrique.
Pour chacun des réactions chimiques aperçue jusqu'ici, donner l'expression du quotient réactionnel en détaillant bien l'expression de l'activité selon l'état physique.
Solution
A l'aide d'un tableau d'avancement, on peut exprimer un quotient de réaction en fonction de l'avancement ou l'avancement volumique. On peut aussi le faire en fonction du taux d'avancement.
On considère la réaction entre les ions éthanolates C2H3O2-(aq) et l'acide méthanoïque CH2O2(aq) selon l'équation de réaction :
CH2O2(aq) + C2H3O2-(aq) = C2H4O2(aq) + CHO2-(aq)
Équation de réaction qu'on pourra simplifier de la façon suivante :
Meth(aq) + Eth-(aq) = Eth(aq) + Meth-(aq)
Solution
Le quotient réactionnel d'une réaction peut se calculer à n'importe quel moment de la réaction et de son avancement.
La simulation ci-dessous vous montre comment évolue le quotient réactionnel de la réaction étudiée dans la situation précédente au fur et à mesure qu'elle se produit. Vous pouvez changer les valeurs numériques des concentrations initiales et regarder comment évolue le quotient réactionnel au cours de la réaction en cliquant sur le bouton principal pour lancer la simulation.
| Meth(aq) | + | Eth-(aq) | ⇌ | Eth(aq) | + | Meth-(aq) | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Etat initial | 1.0.10-2 mol/L | 1.0.10-2 mol/L | 0 mol/L | 0 mol/L | |||
| Etat final |
Visualisation des simulations :
Les valeurs des concentrations sont arrondies à 1 décimale pour l'affichage. Pour simplification, log(Qr) < -8 est ramené à -8 (pour garder une amplitude d'échelle raisonnable). De même, log(Qr) > 8 est ramené à 8.
On constate que, quelque soit les conditions initiales, le système cesse d'évoluer lorsque le quotient réactionnel atteint une certaine valeur.
Lorsque l'équilibre chimique est atteint, la valeur du quotient réactionnel prend une valeur indépendante de la composition initiale du système.
Cette valeur est appelée constante d'équilibre thermodynamique, elle est notée K ou K° (se lit "K standard").
Les constantes d'équilibres thermodynamiques ne dépendent que de la réaction considérée et de la température.
Si une réaction a pour constante d'équilibre K° alors la réaction inverse aura pour constante d'équilibre 1K°.
Si une réaction (3) est une combinaison linéaire d'une réaction (1) et d'une réaction (2) selon (3)=α(1)+β(2) alors K3=Kα1.Kβ2
Une constante d'équilibre est une grandeur positive non nulle.
La réaction de dissolution du CO2(g) dans l'eau sous forme de CO2(aq) peut se modéliser selon la réaction d'équation :
CO2(g) = CO2(aq) (1)
On note (1) cette réaction et la constante d'équilibre associée vaut K1 = 10-1,44.
En introduction, on a dit que la formation des stalactites et stalagmites dans une grotte peut s'expliquer par la réaction suivante :
Ca2+(aq) + 2 HCO3-(aq) = CO2(g) + H2O(l) + CaCO3(s) (2)
On note (2) cette réaction et K2 la constante d'équilibre associée.
La réaction de dissolution du calcaire dans l'eau peut se modéliser selon la réaction d'équation :
CaCO3(s) = Ca2+(aq) + CO32-(aq) (3)
On note (3) cette réaction et K3 la constante d'équilibre associée. K3 = 10-7,78
Enfin, il existe un dernier équilibre impliquant le CO2 :
CO2(aq) + 2 H2O(l) = HCO3-(aq) + H3O+(aq) (4)
HCO3-(aq) + H2O(l) = CO32-(aq) + H3O+(aq) (5)
On note (4) et (5) ces réactions, K4 et K5 leur constante d'équilibre associée. K4 = 10-9,14 et K5 = 10-10,2
Solution
La relation de Guldberg et Waage nous permet de prédire comment va évoluer un système chimique.
La relation de Guldberg et Waage indique que le quotient de réaction à l'équilibre chimique est égale à la constante d'équilibre :
Qr,éq=K°
ATTENTION, si l'un des constituants disparaît, cette relation n'est plus valable.
Nous verrons un peu après comment exploiter cette relation pour déterminer l'état final d'un système.
On vient de le voir, d'après la relation de Guldberg et Waage, le quotient réactionnel d'une réaction chimique va évoluer de tel sorte à atteindre la constante d'équilibre de la réaction.
Reprenons l'exemple étudié lors de la simulation précédente :
Meth(aq) + Eth-(aq) = Eth(aq) + Meth-(aq)
Le quotient réactionnel de cette réaction s'exprime :
Qr=a(Eth(aq)).a(Meth−(aq))a(Eth−(aq)).a(Meth(aq))=[Eth][Meth−][Eth−][Meth]
Supposons que le système ne contienne initialement que les réactifs et aucun produit. Dans ce cas, [Eth]i = [Meth-]i = 0 mol/L et donc Qri = 0. Comme K est une grandeur positive non nulle, on a forcément : Qri < K et le système va devoir consommer les réactifs (donc [Eth-] va diminuer et [Meth] va aussi diminuer) et produire les produits (donc [Eth] va augmenter et [Meth-] va aussi augmenter). Ainsi, le dénominateur de Qr va diminuer tandis que son numérateur va augmenter, globalement Qr va augmenter. Cela va se produire jusqu'à ce que Qr atteigne la valeur de la constante d'équilibre (si cela est possible).
En partant d'un système ne contenant initialement aucun réactif mais que des produits, on aurait le raisonnement inverse et la conclusion inverse.
Vous pouvez tester la simulation précédente pour vous convaincre de ces observations.
Comment déterminer le sens d'évolution spontanée d'un système chimique ?

Reprenons l'exemple étudié dans la simulation :
Meth(aq) + Eth-(aq) = Eth(aq) + Meth-(aq)
La constante d'équilibre de cette réaction vaut K = 10.
Solution
S'il manque au moins un produit (et que tous les réactifs sont présents), le système évoluera nécessairement dans le sens direct.
A l'inverse, s'il manque au moins un réactif (et que tous les produits sont présents), le système évoluera nécessairement dans le sens indirect.
Supposons qu’un système atteigne un état d’équilibre. Comment est modifié cet état d’équilibre si on ajoute un constituant (produit, réactif, constituant inerte…) au système ?
Comment déterminer le sens d'évolution spontanée d'un système chimique suite à la perturbation d'un état d'équilibre ?
Reprenons l'exemple étudié dans la simulation :
Meth(aq) + Eth-(aq) = Eth(aq) + Meth-(aq)
Supposons que l'état d'équilibre chimique soit atteint pour cette réaction.
Solution
Généralement, ajouter un réactif permet de déplacer l'équilibre dans le sens direct et enlever un produit permet aussi de déplacer l'équilibre dans le sens direct. Attention, ce n'est toutefois pas tout le temps vrai, notamment dans les systèmes hétérogènes.
Étudions la réaction de dissolution du calcaire dans l'eau :
CaCO3(s) = Ca2+(aq) + CO32-(aq)
Supposons que l'état d'équilibre chimique soit atteint pour cette réaction
Solution
Pour les réactions en phase gaz, la pression totale du système peut avoir un impact sur l'état d'équilibre.
La synthèse du méthanol peut se faire selon la réaction suivante :
CO(g) + 2 H2(g) = CH3OH(g)
Solution
Ce n'est pas une propriété générale, augmenter la pression ne déplace pas toujours la réaction dans le sens direct.
La température de travail peut aussi impacter l'état d'équilibre. Étudions la réaction de synthèse du méthanol :
CO(g) + 2 H2(g) = CH3OH(g)
On donne l'évolution de la constante d'équilibre de cette réaction en fonction de la température :

Solution
Toujours chercher à comparer Qr par rapport à K pour savoir dans quel sens évolue un système chimique.
Il est possible de déterminer le taux d'avancement à l'équilibre d'une réaction. Ci-dessous, une simulation montre comment évolue le taux d'avancement à l'équilibre en fonction de la constante d'équilibre de la réaction et des proportions de réactifs. La réaction étudiée ici est du type A(aq) + B(aq) = C(aq) + D(aq) avec aucun produit présent à l'état initial.
| A | + | B | ⇌ | C | + | D | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Etat initial | CA,i | CB,i | 0 | 0 |
|
K = 100 |
CA,i : 1.0.10-2 mol/L |
CB,i : 1.0.10-2 mol/L |
En jouant sur la constante d'équilibre, le graphique en deux dimensions montre comment évolue la taux d'avancement à l'équilibre pour la valeur choisie en fonction du rapport entre les concentrations initiales.
En jouant sur les concentrations initiales, le graphique en deux dimensions montre comment évolue le taux d'avancement à l'équilibre en fonction de la constante d'équilibre.
Un rapport entre les concentrations initiales qui vaut 1 signifie que les concentrations initiales de A et B sont égales.
On peut alors dégager quelques tendances.
Plus la constante d'équilibre est grande et plus le taux d'avancement à l'équilibre sera élevé aussi.
Si K >> 1, la réaction est quantitative. On considère que c'est le cas généralement pour K > 103.
Si K << 1, la réaction est nulle. On considère que c'est le cas généralement pour K < 10-3.
Si K ≈ 1, la réaction est équilibrée.
ATTENTION, il s'agit de tendance, le taux d'avancement à l'équilibre dépend des concentrations initiales mais aussi de la présence ou non de produits dans l'état initial. Généralement, ces tendances s'effondrent si un ou plusieurs produits dont déjà présents dans le milieu réactionnel.
Mettre un réactif en excès voire en large excès permet d'augmenter le taux d'avancement à l'équilibre, quelque soit la valeur de la constante d'équilibre.
Déterminer l'avancement à l'équilibre d'une réaction chimique consiste à trouver la seule valeur de l'avancement permettant de faire en sorte que le quotient réactionnel soit égal à la constante d'équilibre.
La simulation ci-dessous permet de voir comment évolue le quotient de réaction en fonction de l'avancement pour un système chimique homogène. Trouver un état d'équilibre consiste à faire varier l'avancement jusqu'à ce que le quotient de réaction soit égal à la constante d'équilibre.
| Meth(aq) | + | Eth-(aq) | ⇌ | Eth(aq) | + | Meth-(aq) | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Etat initial Qri = 0 | 1.0.10-2 mol/L | 1.0.10-2 mol/L | 0 mol/L | 0 mol/L | |||
| Etat quelconque x = 0 mol/L Qr = 0 | 1.0.10-2 mol/L | 1.0.10-2 mol/L | 0 mol/L | 0 mol/L |
Comme Qr a de grandes variations, le graphe est en échelle logarithmique. Selon les conditions initiales et l'avancement choisi, Qr peut être négatif. Des "trous" peuvent alors apparaître dans le graphe (ce sont de toute façon des états inateignables chimiquement). Il est aussi possible que Qr soit très grand (> 105) ou très petit (< 10-5), le graphe est alors tronqué pour ces valeurs.
Si l’état initial est connu, la relation de Guldberg et Waage couplée à un tableau d’avancement est une équation dont l’avancement (ou l’avancement volumique) à l’équilibre est solution (si l’équilibre est bien atteint). L'avancement à l'équilibre est contraint par l'avancement maximal.
Il n'existe qu'une seule valeur d'avancement possible pour laquelle le quotient de réaction est égal à la constante d'équilibre et satisfaisant xmax, négatif<xeq<xmax, positif
Comment déterminer un avancement à l'équilibre ?
Dans le cas d'équilibre homogène, un état d'équilibre chimique est toujours atteint. La relation de Guldberg et Waage sera toujours valable et permet d'accéder à la valeur de l'avancement à l'équilibre. Les avancements final et à l'équilibre sont identiques.
Étudions la réaction entre l'acide sulfurique et l'eau.
H2SO4(aq) + H2O(l) = HSO4-(aq) + H3O+(aq)
Cette réaction a pour constante d'équilibre K = 103.
On introduit 1,0.10-3 mol d'acide sulfurique H2SO4 dans 100 mL d'eau.
Solution
Il n'est pas possible qu'une concentration finale, à l'état d'équilibre, soit de 0 mol.L-1. Une concentration peut être très faible mais jamais de 0 mol.L-1.
Utiliser des hypothèses simplificatrices pour déterminer un avancement à l'équilibre
Dans le cas où la réaction a lieu dans le sens direct, l’utilisation d’hypothèses sur la valeur de l’avancement à l’équilibre nous permettra de simplifier les calculs
On supposera que xéq = xmax, la concentration du réactif limitant sera alors très faible, quasiment nulle. On vérifiera que c'est bien le cas en confirmant que [limitant]éq<[limitant]initial10
On supposera que xéq<xmax10, les concentrations pourront alors se simplifier en négligeant la contribution de l'avancement lorsque c'est pertinent. On vérifiera que c'est bien le cas en confirmant que xéq<xmax10 une fois l'avancement déterminé.
Étudions la réaction entre l'acide sulfurique et l'eau.
H2SO4(aq) + H2O(l) = HSO4-(aq) + H3O+(aq)
Cette réaction a pour constante d'équilibre K = 103.
On introduit 1,0.10-3 mol d'acide sulfurique H2SO4 dans 100 mL d'eau.
Solution
Essayons cette fois de former de l'acide sulfurique selon la réaction d'équation (notée 1) :
HSO4-(aq) + H3O+(aq) = H2SO4(aq) + H2O(l) (1)
On note K1 la constante d'équilibre de cette réaction.
Dans la situation précédente, on a vu que la réaction H2SO4(aq) + H2O(l) = HSO4-(aq) + H3O+(aq) a pour constante d'équilibre K = 103.
On introduit 1,0.10-2 mol de HSO4- et 1,0.10-2 mol de H3O+ dans 100 mL d'eau.
Il existe une autre réaction possible lorsqu'on met toutes ces espèces en présence :
HSO4-(aq) + H2O(l) = SO42-(aq) + H3O+(aq) (2)
Cette réaction a pour constante d'équilibre K2 = 10-1,9
Solution
Il est techniquement toujours possible de faire une hypothèse sur l'avancement, il y a cependant des fois où ce n'est pas très pertinent. Dans tous les cas, si une hypothèse est faite, il faut vérifier sa validité.
Ne jamais développer un trinôme pour en faire la résolution "à la main" avec calcul de discriminant. Soit faire une hypothèse soit utiliser le solveur de la calculatrice.
Pour utiliser le solveur de la calculatrice, il est souvent utile de ne pas renseigner de fraction. Par exemple, à la place de donner à résoudre K−xeq.(C0+xeq)(C0−xeq).C°=0, il vaut mieux donner K.(C0−xeq).C°−xeq.(C0+xeq)=0.
Dans le cas des systèmes hétérogènes (comportant plusieurs phases), l'état d'équilibre chimique n'est pas toujours atteint. Si une phase est totalement consommée avant que l'équilibre chimique ne soit atteint, la réaction s'arrête. On dit qu'il y a rupture d'équilibre. La relation de Guldberg et Waage n'est alors pas vérifiée.
La simulation ci-dessous montre ce qu'il peut se passer pour des systèmes hétérogènes comme lors de la dissolution d'un solide par exemple. S'il n'y a pas suffisamment de solide à l'état initial, il est possible que celui ci se dissolve totalement avant d'atteindre l'état d'équilibre chimique. La réaction ne peut pas se poursuivre et le système cesse d'évoluer quand le solide a totalement disparu, avant d'atteindre l'état d'équilibre chimique.
| V = 100 mL | CaCO3(s) | ⇌ | Ca2+(aq) | + | CO32- |
|---|---|---|---|---|---|
| Etat initial Qri = 0 | 1.0.10-4 mol | 0 mol | 0 mol | ||
| Etat quelconque ξ = 0 mol Qr = 0 | 1.0.10-4 mol | 0 mol | 0 mol |
Comme Qr a de grandes variations, le graphe est en échelle logarithmique. Selon les conditions initiales et l'avancement choisi, Qr peut être négatif. Des "trous" peuvent alors apparaître dans le graphe (ce sont de toute façon des états inateignables chimiquement). Il est aussi possible que Qr soit très grand (> 105) ou très petit (< 10-5), le graphe est alors tronqué pour ces valeurs.
Comment repérer une rupture d'équilibre ?
Étudions la dissolution du calcaire dans l'eau :
CaCO3(s) = Ca2+(aq) + CO32-(aq)
La constante d'équilibre associée à cette réaction vaut K = 10-7,78
Solution
Toujours travailler en mol pour les systèmes hétérogènes et bien vérifier qu'il n'y a pas de rupture d'équilibre.
L'objectif d'un titrage est de déterminer la quantité de matière ou la concentration d'une espèce dans une solution.
Lors d'un titrage, une réaction chimique est réalisée : une espèce titrante de concentration connue réagit avec l'espèce titrée de concentration inconnue. On appelle réaction support de titrage la réaction mise en jeu. Cette réaction doit être quantitative et rapide.
L'équivalence d'un titrage correspond à la mise en présence des réactifs titrant et titré dans les proportions stoechiométriques de la réaction support de titrage. Comme la réaction est quantitative, cela correspond à la consommation quasi-totale des deux réactifs.
Considérons une réaction support de titrage de la forme : αA(aq)+βB(aq)=
La relation à l'équivalence s'écrit alors :
n(A, titré)α=n(B, versé)β
La relation à l'équivalence est avant tout une relation en quantité de matière. Bien préciser l'espèce qui est titrée de l'espèce titrante.
Avant l'équivalence, le réactif titré est en excès. Après l'équivalent, le réactif titrant est en excès. A l'équivalence, les réactifs sont dans les proportions stoechiométriques.
Solution
Dans un premier temps, nous nous limiterons au titrage dit simple. Ce sont les titrages de solution ne contenant qu'une seule espèce à titrer.

Lors d'un titrage colorimétrique, l'équivalence est repérée par un changement de couleur.
Solution
Titrage d’une solution contenant de l’acide benzoïque par une solution de soude : un volume VP = 5,0 mL d’une solution d’acide benzoïque de concentration inconnue notée CA est prélevé et introduit dans un bécher. De l’eau est ajoutée pour obtenir un volume initial de 20 mL dans le bécher. L’ensemble est titré par une solution de soude de concentration CB = 2,0×10-2 mol.L-1. Un indicateur coloré est judicieusement choisi pour faire le suivi, un changement de couleur est observé pour un volume Veq = 12,5 mL.
La réaction support de titrage (quantitative et rapide) est : C7H6O2(aq) + HO-(aq) = C7H5O2-(aq) + H2O(l)
Solution
Même si les réactifs titrant et titré ne sont pas colorés, il est parfois possible de réaliser un titrage colorimétrique en ajoutant un indicateur coloré judicieusement choisi.
Lors d’un titrage conductimétrique, on suit l'évolution de la conductivité de la solution en fonction du volume versé de solution titrante. Cette technique est adaptée dès que le titrage met en jeu des ions en solution aqueuse.
La loi de Kohlrausch permet d'exprimer la conductivité d'une solution :
σ= ∑ionsλiCi
Expression dans laquelle σ est la conductivité de la solution, λi est la conductivité molaire ionique et Ci est la concentration. Seuls les ions participent à la conductivité d'une solution.
La simulation ci-dessous montre comment évolue la conductivité au cours d'un titrage simple entre un acide faible et une base forte.

On constate que selon les conditions du titrage, l'évolution de la conductivité peut être assez complexe et repérer l'équivalence n'est alors pas aisé, d'autant qu'expérimentalement nous n'avons pas accès à l'ensemble de l'évolution mais à quelques points expérimentaux.
Comment expliquer l'évolution de la conductivité et comment faire alors pour déterminer expérimentalement le volume équivalent ?
Etudions le titrage d'une solution d'acide benzoïque par une solution de soude. Un volume VP = 5,0 mL d'une solution d'acide benzoïque (noté AH) de concentration CA est prélevé et introduit dans un bécher. Avant de commencer le titrage, on peut ajouter un volume d'eau connu, noté Veau. L'ensemble est titré par une solution de soude (Na+(aq), HO-(aq)) de concentration CB = 2,0.10-2 mol.L-1.
La réaction support de titrage (quantitative et rapide) s'écrit :
AH(aq) + HO-(aq) = A-(aq) + H2O(l)
On suppose que seule cette réaction se produit dans le système.
On note λA la conductivité molaire ionique de la base conjuguée de l'acide benzoïque, λH celle des ions H3O+, λOH celle des ions HO-, λNa celle des ions Na+.
Solution
Expérimentalement, il faut ajouter un grand volume d'eau avant de commencer le titrage. Il n'est pas nécessairement utile de savoir précisément combien on en ajoute tant qu'on peut négliger l'apport de solution titrante sur le volume total de solution. L'équivalence se repère alors en traçant les portions de droites avant et après l'équivalence et en repérant l'intersection de ces droites.
En étant un peu attentif, on peut constater que même en ajoutant un grand volume d'eau, la conductivité n'est pas nécessairement linéaire, surtout en début de titrage. C'est en particulier vrai pour des concentrations faibles. Cela vient d'une hypothèse simplificatrice faite lors de l'étude. On a dit qu'il n'y avait que la réaction support de titrage à considérer. En réalité, il y a au moins deux autres réactions qui se produisent en même temps : l'autoprotolyse de l'eau et la réaction de l'acide avec l'eau. On a négligé l'apport de ces réactions sur le système. Ce n'est pas forcément valable. Plus de détail là dessus dans le cours sur les réactions acido-basiques.
Il existe une autre façon d'exploiter un relevé conductimétrique pour trouver l'équivalence d'un titrage.
La conductivité corrigée est une grandeur notée σ* et qui peut se définir de deux façons différentes (menant à des résultats équivalents) :
σ ∗=σ.Vtot
Ou alors :
σ∗=σVtotVP+Veau
La deuxième expression permet de garder l'homogénéité par rapport à la conductivité classique. Dans les deux cas, il faut connaitre le volume d'eau ajouté le plus précisément possible (contrairement à la technique précédente), pour pouvoir calculer la conductivité corrigée à chaque ajout de solution titrante.
Solution
La conductivité corrigée, notée σ*, peut se définir de deux façons :
σ∗ =σ×Vtot ou σ∗=σ×VtotVP+Veau
Expression dans laquelle σ est la conductivité de la solution, Vtot est le volume total de la solution, VP est le volume prélevé de solution titrée et Veau est le volume d'eau initialement ajouté (avant de commencer le titrage).
Au cours d'un titrage avec suivi conductimétrique, la conductivité corrigée évolue de manière linéaires par morceaux. L'équivalence se repère expérimentalement en traçant les portions de droites avant et après équivalence et déterminant l'intersection de ces portions de droites.
Il existe principalement deux types de titrages indirects : les titrages indirects par différence et les titrages indirects par déplacement.
Comment exploiter un titrage indirect ?
Il faut partir de la fin et remonter petit à petit les réactions. La dernière étape est un titrage direct à exploiter de manière classique. Il est souvent bien plus simple de travailler en quantité de matière plutôt qu'en concentration et bien noter les volumes analysés à chaque étape du protocole.
Dans un titrage indirect par différence, on introduit un excès connu de réactif qui réagi quantitativement avec l'espèce à titrer. Une fois cette réaction terminée, on titre l'excédent de réactif et on remonte à la quantité d'espèce à titrer par différence avec ce qu'on a introduit.

On souhaite doser les ions Cu2+ contenus dans une solution notée S. On note CCu la concentration en Cu2+ dans la solution S. On prélève VP = 20 mL de cette solution. On ajoute un volume Vox = 10 mL d'une solution contenant les ions oxalates à une concentration Cox = 2,0.10-2 mol.L-1. La réaction suivante se produit :
Cu2+(aq) + C2O42-(aq) = CuC2O4(s)
L'excédent d'oxalate n'ayant pas réagit est titré par une solution de permanganate de potassium de concentration CMn = 5,0.10-3 mol.L-1. Un volume équivalent de Veq = 12,5 mL est trouvé. La réaction support de titrage est :
5 C2O42−(aq) + 2 MnO4−(aq) + 16 H+(aq) = 2 Mn2+(aq) + 10 CO2(g) + 8 H2O(l)
Solution
Essayer au maximum de rester en littérale jusq'au dernier moment
Dans un titrage indirect par déplacement, on introduit un excès de réactif sans connaitre précisément la quantité. On titre un des produits qui a été formé quantitativement et on remonte à la quantité d'espèce à titrer par la stoechiométrie des différentes réactions.

On souhaite doser les ions Cu2+ contenus dans une solution notée S. On note CCu la concentration en Cu2+ dans la solution S. On prélève VP = 20 mL de cette solution. On ajoute un volume VI = 10 mL d'une solution contenant les ions iodures à une concentration CI = 6,0.10-3 mol.L-1. La réaction suivante se produit :
2 Cu2+(aq) + 4 I−(aq) = 2 CuI(s) + I2(aq)
Le diiode (I₂) ainsi formé est ensuite titré par une solution de thiosulfate de sodium de concentration Cthio = 5,0.10-3 mol.L-1. Un volume équivalent de Veq = 8,3 mL est trouvé. La réaction support de titrage est :
I2(aq) + 2 S2O32−(aq) = 2 I−(aq) + S4O62−(aq)
Solution
Bien partir de la fin et remonter petit à petit. Attention aux coefficients stoechiométriques à chaque étape.